• Quatres maisons et un exil, le goût doux-amer de l’Ailleurs rêvé

    Date: 2010.12.22 | Catégories: Des livres et des épices | Commentaires: 0

    Presque Noël, la frénésie d’achat moins frénétique cette année, le sapin dans nos appartements, la joie de préparer un moment entre proches, les vacances des amis qu’on ne voit pas souvent, les bon moments partagés passés et à venir. Ici, maintenant, bonheur et neige hivernale. Ailleurs, aussi. Une trêve de Noël ? Inconnue… Une réalité plus qu’inscrite dans le présent, un combat quotidien pour la vie, l’expression, les rêves. Une réalité douce-amère au goût de paprika. Pour tous ceux de l’Ailleurs, un roman sur la difficulté de vivre dans l’Ici…

    Quatre maisons reliées par les fils de la vie, quatre histoires qui se croisent et se nouent. Un seul exil, dont les multiples visages reflètent une seule réalité : partir. Regards…

    Ce roman est d’abord l’histoire Amir et Noa, un jeune couple qui tente la vie à deux dans une petite ville à mi-chemin entre Tel-Aviv et Jérusalem, villes où ils suivent respectivement leurs études. Dans la maison mitoyenne à la leur vivent Sima et Moshé  : une jeune femme qui s’ennuie, un homme qui se laisse influencer par les pressions très religieuses de son frère rabbin. En face, les voisins sont paralysés par la peur et le deuil depuis que leur fils soldat est mort au Liban  - sacrifice à Tsahal la terrible. Et puis il y a Sadek, cet ouvrier palestinien qui en voyant la maison de Sima et Moshé reconnaît la maison à laquelle la guerre de 1948 a arraché sa famille et dont il a toujours la clé sur lui…

    Entre ces maisons, un fil rouge, celui de l’exil… Exil du meilleur ami parti faire le tour de l’Amérique du Sud. Exil d’Amir qui a passé sa vie a déménager, et qui n’arrive pas à se fixer. Exil de ceux qui ont trop souffert et qui quittent Israël, cette terre précieuse de l’Orient, magique et envoûtante, écorchée à vif et dont les plaies béantes sont une injure à la Paix. Et enfin, exil des Palestiniens chassés de leurs foyers et dont l’espoir s’amenuise chaque jour.

    Destins croisés, pays déchiré… Le quotidien d’Israël dit avec des mots simples : les histoires d’amour des étudiants fans de Nirvana, les pitas et les falafels pris dans les snacks, les projets d’avenir. Les religieux, les laïques, les attentats, la peur. Mais surtout les rêves de paix, ancrés dans le présent, tournés vers l’avenir, dans ce pays où tout reste à faire.

    Eshkol Nevo nous offre un très grand livre, plein de sensibilité et de clairvoyance sur les sentiments et les relations entre hommes et femmes, entre parents et enfants, mais aussi entre les peuples. Une belle réflexion sur ce que peur vouloir dire « avoir un foyer » et qui permet de comprendre un peu mieux la société israélienne.

    Quatre maisons et un exil a reçu le Gold Book Prize en 2005, ainsi que le jeune prix franco-israëlien Raymond Wallier.

    N.B. : pour les fidèles de la première heure, j’ai déjà fait la critique de ce livre dans un blog précédent. Celle-ci a été quelque peu réécrite…

  • Un flamboyant Capitaine, un verre de vin et une bonne cheminée

    Date: 2010.12.01 | Catégories: Des livres et des épices | Commentaires: 2

    Une fois n’est pas coutume, ce soir j’ai cédé la plume (ou plutôt le clavier) à un lecteur de la Librairie de coin qui a eu envie de partager avec vous une série de livres qu’il a dévoré avec plaisir et vous recommande vivement… Merci Nirauan !
    Lou.

    Le Capitaine Alatriste, d’Arturo Pérez-Reverte

     » Il n’était pas le plus honnête ni le plus pieux des hommes, mais il était vaillant. Diego Alatriste y Tenorio (…) vivotait à Madrid où il se louait pour quatre maravédis la journée, souvent en qualité de spadassin à la solde de ceux qui n’avait pas l’adresse ou le courage nécessaire pour vider leurs querelles. La critique est facile aujourd’hui.(…) Mais à l’époque, la capitale de l’Espagne était un lieu où la vie ne tenait souvent qu’à un fil , au coin d’une rue, au bout de la pointe d’une épée. « 

    Ainsi commence le premier chapitre du Capitaine Alatriste, préambule de l’histoire que nous conte Arturo Pérez-Reverte, par le biais de Iñigo Balboa, page, valet et compagnon d’arme du Capitaine.

    Arturo Pérez-Reverte nous livre une saga (six volumes actuellement) dans la plus grande tradition du roman de cape et d’épée. La proposition de l’auteur est simple : quittons les sentiers boueux de Paris où nos mousquetaires bien célèbres livrent un duel avec un jeune novice, où un gascon au nez proéminent nous abroge de vers sur le parvis d’un théâtre tout en brettant un adversaire dont la moutarde monte au nez ! Partons parcourir les rues du Madrid de 1620 sous le soleil castillan mais aussi, parfois, la Flandre humide et boueuse ou encore la Méditerranée, à bord des galères  dont la puanteur n’est jamais chassée par l’air salin…

    Par ce temps neigeux de décembre 2010, asseyez vous au coin du feu avec du chorizo pimenté et un verre de vin de Rioja. Le vin rouge de Rioja, dit Rioja Reserva, nous vient du domaine Contino en Espagne. Ce vin moelleux en bouche vous évoquera des notes de fruits cuits et épicés autant comme la vie du Capitaine, et sa robe rubis clair vous rappellera quant à elle la couleur des blessures de combats à l’épée. Ce vin avec ses arômes viandés et grillés sera parfait pour vous mettre dans l’ambiance des tavernes fréquentées par notre héros et ses amis.

    Dans cette Espagne ruinée par les guerres, que nous ne connaissons que par  La Folie des Grandeurs et Ruy Blas, la religion est toute puissante grâce à la Sainte Inquisition. Les hidalgos se refusent à travailler autrement que par leurs épées et biscayennes, tous les moyens sont bons pour s’enrichir même pour l’Église. Venez découvrir le royaume de Philippe IV, corrompu et décadent, mais où la vie artistique et intellectuelle est florissante et animée par des personnages légendaires du Siècle d’or tels que Lope de Vega ou Velázquez. Imprégnez vous du jeu de la poésie et de l’épée, des avantages d’un protecteurs ou du courroux d’un puissant, car voici bien le décor que nous livre ce pays austère où un sonnet peut vous offrir une boutonnière.

    Voilà l’histoire : un capitaine
    qui commandait notre escouade
    vilainement blessé, malade,
    vivait là son ultime peine.
    Quel capitaine, messeigneurs,
    que ce capitaine d’une heure!

    E. Marquina (En Flandre le soleil s’est couché)


    Capitaine Alatriste : Bande-annonce 01 FR
    envoyé par baryla. – Les dernières bandes annonces en ligne.

    Nirauan.

  • Cardamome et rêves d’ailleurs

    Date: 2010.11.24 | Catégories: Des livres et des épices | Commentaires: 3

    Graine de magie au nom évocateur des mille et une saveur de l’Orient, la cardamome éveille en moi des envies d’ailleurs et de nuits parfumées. Fleurs de jasmins et  bougainvillées, douce chaleur de l’air, palabres autour d’un thé… Cette épice précieuse se marie à merveille avec le thé noir au gingembre, les pâtisseries ou les coings confits, et bien sûr avec un bon exemplaire des Milles et une Nuits ou des Voyages d’Ibn Battuta, grand voyageur arabe qui parcourut l’Afrique et l’Asie de Tombouctou à Quanzhou ou Sumatra au 14ème siècle.

    Étrange Elettaria Cardomomum

    « La graine de de cardamome est la seule épice qui nous est livrée naturellement scellée dans une enveloppe, le fruit séché qui la contient. Cette distinction symbolise à merveille le caractère précieux et délicat de cette graine brune retenue, avec une dizaine d’autres, dans un petit fruit oblong d’un à deux centimètres. Avec la vanille et le safran, la cardamome est l’épice la plus chère. Mais aussi la plus tendre au papilles de toutes les épices relevées. La mettre en bouche provoque une suite de belles émotions : on la suçote d’abord pour mieux goûter le velouté de sa texture et le sucré qui l’enrobe, on la croque ensuite pour délivrer la généreuse palette de ses sublimes flaveurs qui font danser ensemble le citronné, le camphre et la bergamote. Et cet extraordinaire composé demeure long en bouche, comme s’il voulait longtemps vous faire rêver des Monts des Cardamomes où tout a commencé. »

    Alain Stella, cité par Jean-Marie Pelt dans Les Épices.

  • Princesse anglaise, sensualité mexicaine et thé du Bengale.

    Date: 2010.11.18 | Catégories: Des livres et des épices | Commentaires: 1

    Un froid après-midi d’automne sur une presqu’île sauvage, une librairie-salon de thé chaleureuse dans une vieille maison en pierre, et la rencontre sur un coin de table d’une princesse anglaise un brin agaçante : que voici un ensemble charmant qui saura tenter qui est prêt à se laisser séduire…

    Oh, que la saveur délicate et forte d’un beau Darjeeling doré, agrémentée de croquantes tartines de confiture d’orange maison, se mariera bien avec ce texte à la fois brut et subtil !

    Quelle est donc cette princesse que nous suggère le géniteur de mon Amant de Lady Chatterley (je dis « mon », quitte à massacrer la syntaxe, car je ne peux me résoudre à ce qu’il ne soit que sien…) ? Dois-je craindre – ou espérer – trouver en elle les prémices de Constance dans ce texte antérieur de quatre ans ? Curieuse, j’entrouvre la première page. Déjà, les mots vous enserrent, vous donnent envie d’aller plus loin, de savoir : « Pour son père, elle était la Princesse. Pour ses oncles et tantes de Boston, elle était tout simplement… »

    Ah ! Quel plaisir incomparable que celui de se glisser dans un texte de D.H. Lawrence et se laisser envoûter par la danse lente des mots ! Il y a dans sa façon d’écrire un je-ne-sais-quoi qui vous hypnotise et vous empêche de le quitter avant la toute fin. Sans doute est-ce dû à l’alliance inimitable de la distinction d’un écriture très britannique avec la puissance animale des sentiments évoqués…

    La princesse est la confrontation en quelques pages de l’incarnation de la froideur anglaise exacerbée et de la sensualité à peine retenue d’un indien mexicain. Marie Henrietta Urquhart est une jeune femme froide, hautaine, exigeante qui serait détestable si l’on ne sentait vibrer en elle un démon intérieur prêt à s’ouvrir enfin à la vie dans ce qu’elle a de plus essentiel. La rapidité du texte, le resserrement de l’intrigue et la tension qui en découle contribue à faire de La princesse un bijou brut que j’ai beaucoup apprécié et que je relirai avec plaisir.

    Finalement, si j’aime autant D.H. Lawrence c’est sûrement surtout car l’on ressent fortement dans ses écrits le besoin du retour au « sacré primitif », et ce presque autant dans les descriptions de la Nature que dans la rencontre des corps dénués de honte et de pudeur…

    « Et puis le sourire qui plissait soudain son visage sombre, découvrant les fortes dents blanches, faisant presque de ce visage une sauvage effigie baroque, avec, en même temps quelque chose de si chaleureux, une telle sombre flamme de bienveillance à son égard qu’elle était exaltée dans son vrai moi de Princesse
    Et puis, tapie dans son oeil, cette vive étincelle qu’elle avait vue et qu’elle savait qu’il avait conscience qu’elle l’avait vue. Cela établissait entre eux une entente réciproque, silencieuse et délicate. »

    La Princesse, DH. Lawrence, éd Mercure de France. 3,60€

  • On the road…

    Date: 2010.11.04 | Catégories: Des livres et des épices | Commentaires: 6

    Quelle impardonnable blogueuse je fais… Je ne préfère pas compter les semaines sans post depuis cette été ! Mes pas de libraire voyageuse m’ont menée loin vers l’Atlantique Sud, pour une première rencontre inoubliable et humainement très enrichissante de l’Afrique de l’Ouest. L’atterrissage a été long… et m’a conduite vers de nombreuses lectures passionnantes qui m’ont occupée presque à plein temps. Réjouissez-vous, amis et comparses, lecteurs de tout poil, d’ici ou d’ailleurs : j’ai plein de bonnes trouvailles à partager avec vous !

    Ce soir, restons dans l’esprit du voyageur et embarquons « on the road » avec les deux américains qui ont peut être le plus sillonné leur pays, le nez dans le vent en quête du frisson de l’Aventure. Deux vagabonds, écrivains du réel, reporters à leur façon franche et presque brusque, ivres de vie… Je parle de l’incroyable Jack Kerouac, le clochard céleste, bien sûr, et peut être moins évidemment de son précurseur Jack London, malheureusement souvent mieux connu pour ses (très bons) romans que pour ses excellents récits auto-biographiques et journalistiques et son engagement socialiste révélé dans Quiconque nourrit un homme est son maître.

    Lancez l’indispensable 33t Boogie with the Canned Heat, servez vous une rasade de Jack Daniel’s pour faire honneur aux deux hobos du même prénom, anesthésiez-vous au clou de girofle – l’épice au nom d’Aventure, et préparez-vous à deux bouquins qui décoiffent !


    Sur la route, de Jack Kerouac

    Symbole de la beat generation américaine, Sur la route est à remettre entre les mains de tous ceux qui sont saisis de la fièvre voyageuse. Le roman de Kerouac se vit plus qu’il ne se lit, et est empreint de la frénésie de mouvement de son auteur qui répondit à l’appel de l’Ouest et fonda le mythe du clochard céleste. New York, Denver, San Francisco, La Nouvelle Orléans, le Mexique : tout est prétexte pour se lancer à la recherche de l’inconnu et de la transe des nuits d’ivresse emplies de jazz Be-bop et de filles… Un livre qui se savoure avec beaucoup de délectation et qui vous embarque dans la folie insolente de son auteur, avec des passages à couper le souffle !

    « Tandis que le taxi nous conduisait dans l’ombre épaisse d’Alameda Boulevard que j’avais arpenté comme un âme en peine pendant tant et tant de nuits au cours des mois précédents, chantant et gémissant et mangeant les étoiles et répandant les larmes de mon coeur goutte à goutte sur le chaudron chaud, Dean soudain apparut derrière nous dans la décapotable volée et se mit à klaxonner et à klaxonner et à coincer le taxi en hurlant. Le visage du chauffeur pâlit. »

    La route, de Jack London

    Deux ans de vagabondage dans l’Amérique du Nord, à sauter de train en train pour traverser le pays de long en large, deux ans passés à « brûler le dur » le long du rail en compagnie d’autres hobos, voici La Route de Jack London. Les anecdotes se succèdent à la vitesse à laquelle London bondit d’un wagon à un autre, jonglant avec son talent d’acrobate et celui d’incroyable conteur qui n’hésite pas à interpeller le  lecteur pour lui narrer ses aventures de vagabond du rail.
    Empreint d’humour, d’audace, de toupet et d’un inconditionnel amour de la liberté,cet entraînant récit, s’il brosse un portrait réaliste des dures conditions sociales de l’Amérique de la fin 19ème, nous rappelle surtout quel formidable auteur est London !

    « Au cours de mes vagabondages j’ai rencontré des centaines de trimardeurs en compagnie desquels j’ai fait les cent coups, qui ont passé et que je n’ai plus jamais revus. certains croisaient et recroisaient ma route avec une périodicité surprenante, tandis que d’autres s’obstinaient à manifester tout près de moi leur présence, tout en restant invisibles comme des ombres.
    C’est à la poursuite d’un de ces derniers que je traversai tout le Canada, plus de trois mille milles de voie ferrée, et pas une fois mes yeux n’eurent la chance de s’arrêter sur lui. Il avait pour sobriquet Jack-le Contre-cacatois. La première fois, ce nom m’apparut sur un arbre, à Montréal (…) »

    La Route

    Jack London

    Deux ans de vagabondage dans l’Amérique du Nord, à sauter de train en train pour traverser le pays de long en large, deux ans passés à « brûler le dur » le long du rail en compagnie d’autres hobos, voici La Route de Jack London.

    Les anecdotes se succèdent à la vitesse à laquelle London bondit d’un wagon à un autre, jonglant avec son talent d’acrobate et celui d’incroyable conteur qui n’hésite pas à interpeller le lecteur pour lui narrer ses aventures de vagabond du rail.

    Empreint d’humour, d’audace, de toupet et d’un inconditionnel amour de la liberté,cet entraînant récit, s’il brosse un portrait réaliste des dures conditions sociales de l’Amérique de la fin 19ème, nous rappelle surtout quel formidable auteur est Jack London !

Catégories

Lire en musique

Découvrez la playlist la librairie du coin avec Moriarty
  • photo from Tumblr

    02/04/15

  • photo from Tumblr

    Poisson de la Courte Echelle on Flickr.


    01/30/15

  • photo from Tumblr

    #Rennes #jesuischarlie


    01/07/15

  • photo from Tumblr

    Punk in furs.


    12/08/14

  • photo from Tumblr

    If you think this is bad you hsould see what our government is up to


    12/08/14

  • photo from Tumblr

    urbain:

    Le Corbusier /// Le Petit Cabanon /// Roquebrune-Cap-Martin, France /// 1949-1952 - OfHouses

    socks-studio: “Le Cabanon de Vacances” of Le Corbusier is a minimal unit which lives in mutual exchange with the coastal environment, and its design includes an obsessive yet subtle research to place the exteriors views and lights in a specific relationship with every inch of the interior space. It is a spatial device aimed to inhabit a land with a minimal impact, relying on the exterior open space for all the activities which could not fit the essential interior.”


    12/08/14

  • photo from Tumblr

    zapata-painter:

    Petite note aux passants… #pochoir © Zapata ¡Z! #streetart #stencil #urbanart #graffiti #streetarteverywhere #artattack #artoftheday #Zapata #instadaily


    12/06/14

  • photo from Tumblr

    jamesfaris:

    Men’s style blog:James Faris


    12/06/14

  • photo from Tumblr

    quebra-costas:

    www.trouxa.net


    12/06/14

  • photo from Tumblr

    akaashie:

    Wigs from Tokyo Dolls  

    ↳  1   2   3   /   4   5   6   /   7   8   9 


    12/06/14

Derniers articles

Actualité & Culture

Blogs BD

Blogs engagés

Blogs littéraires

Curiosités

Book booster

Tags

Meta